Classe ou Crasse ?

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Note album : 9/10

 
Of-montreal---Hissing-fauna.jpg

 

En hiver, le soleil assure le service minimum en Norvège. Il faut bien admettre que là-haut, ses conditions de travail se révèlent particulièrement pénibles. Ah, pour sûr, par -20°C et un blizzard à couper au kniv, même l'astre patron préfère larver tranquille sur son canapé devant un bon film. Mais bon, comme il faut bien bosser, notre étoile se lève tous les matins paresseusement vers 10 heures, se traîne péniblement jusqu'au milieu du ciel pour le déjeuner, baille un grand coup puis entame sa descente pour rentrer au paddock à peine 15 heures sonnées. Par chance, ses clients des fjords sont des gens bien élevés et résignés, même s'ils se plaignent parfois de ses prestations lumineuses défaillantes. Le soleil n'en a cure, du haut de son monopole absolu. D'ailleurs, chez quelques péquenauds lapons, il ne daigne même pas se lever du tout. 

Pour toutes ces bonnes raisons, on ne saurait que trop déconseiller une Oslo hivernale à un être photosensible en provenance directe du Sud des Etats-Unis. Si en plus, notre résident d'Athens, Géorgie, vient de rompre avec sa femme, on imagine aisément les effets de l'obscurité sur sa dépression carabinée.

 

Heureusement, Kevin Barnes, le leader d'Of Montreal, n'est pas un homme ordinaire. En grand habitué des peines de cœur, il a nommé son groupe en hommage à la ville natale d'une de ses ex. Il se trimballe également sur scène dans des costumes plutôt folklos, qui vont du simple slibard drapé à la panoplie de samouraï ancestral. Avec ses quatre musiciens, il s'est montré d'une prolificité rare en 10 ans de carrière, puisque Hissing Fauna,are you the destroyer ? est leur 8è album . 

Alors, vous vous doutez bien que quand Kevin Barnes touche le fond, il ne le touche pas comme tout le monde. Avec pour seul compagnon au pays des fjords son ordinateur portable, l'étrange luron s'est mis en tête de bidouiller un disque musicalement sautillant et synthétique, sur lequel il chante son mal-être d'une voix gonflée à l'hélium. Puisqu'en plus en Norvège les gens parlent un gloubiboulga viking, il a affublé ses morceaux de titres abscons. Une fois la chose bizarrement composée et baptisée, il l'a empaquetée dans un joli origami, a dessiné quelques jolies rosaces bariolées dessus et a balancé son disque tel quel aux quelques farfelus assez curieux pour l'écouter. Ils ne seront pas déçus du voyage. Hissing Fauna, are you the destroyer ? évoque un patchwork sonore fait de bric et de broc, dont les textes intelligents et profonds soulignent la grande capacité d'introspection de son auteur. The Past is a grotesque animal, qui marque la frontière entre une première partie de disque pop et une seconde aux influences plus funk, incarne à la perfection ce dangereux voyage intérieur. Long de 12 minutes, ce morceau hypnotique transporte dans une conscience à la fois profondément malheureuse, idéaliste et révoltée. Moins grave, le reste du disque évoque avec un rien d'ironie la cruauté des anxiolytiques (Heimdalsgate like a promethean curse), les interminables insomnies (Gronlandic Edit) et autres joyeusetés indissociables de l'état dépressif. Car au lieu de se laisser aller sur son sort comme certains pleurnichards en ont fait leur fond de commerce, Kevin Barnes s'applique à trouver la joie là où elle n'est pas, et ce au fil de mélodies facétieuses pleines de synthés enfantins (Suffer for fashion, Bunny ain't no kind of rider). Certes, on sent bien que le bonhomme va attraper une crampe à force de se forcer à sourire, que toute cette gaieté est profondément factice, la méthode Coué a fonctionné. Kevin Barnes a quitté la Norvège pour retrouver le moral et sa femme. De là à dire qu'un disque aussi réussi valait bien une petite et temporaire rupture…

 

Classe : "The past is a grotesque animal", "She's a rejecter", "Heimdalsgate like a promethean curse"

Crasse : pas grand chose à jeter…

En bonus, la video de "Heimsdalgate like a promethean curse", plutôt... étrange. 

 

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe communauté : Le Monde du Rock
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Histoire de se réveiller chaque jour avec un air de circonstance…

 New Order – Blue Monday (Single, 1983)

Le bastion de toute une époque. "Blue Monday" incarne les années 80 dans toute leur splendeur avec sa disco pop synthétique et désabusée (ci dessous un live au Japon datant de 1985). Allez, je file m'acheter un caleçon à pois, j'affute mon brushing et je pars retrouver mon mecton à mullet qui m'attend sur sa Harley.

 

 


 
The Rolling Stones – Ruby Tuesday (Between the buttons, 1967)

Disons le tout net : je hais les Mardis. Le week-end précédent vit dans un passé lointain et le suivant s'apparente à de la science-fiction. Alors, rien de tel qu'un petit "Ruby Tuesday" pour me réconcilier avec les Mardis maudits.

 

Simon & Garfunkel – Wednesday Morning, 3 A.M. (Wednesday Morning, 3 A.M., 1964)

Durant une très longue période (jusqu'à bien 18 ans), j'ai allègrement confondu Cat Stevens et Simon&Garfunkel. J'ai fini par les distinguer quand j'ai réalisé que ces derniers chantaient en duo sur de jolies mélodies acoustiques, contrairement à leur pseudo-jumeau. Par contre, s'il y en a bien deux qui ont souvent fait la même chose, c'est bien eux…

 

David Bowie – Thursday's child (hours…, 1999)

Toujours d'une intelligence louable, Bowie s'appuie sur une théorie conférant à l'enfant d'un jour précis une personnalité donnée. "Thursday's child has far to go". Le Thin White Duke parlerait-il en connaissance de cause ?

 

Cocorosie – Good Friday (La maison de mon rêve, 2004) 

Cocorosie---La-maison-de-mon-r--ve.jpgC'est beau, tout joli, vraiment propret et bien léché. Mais nom d'un pingouin, les frangines bobo-folk m'ennuient affreusement. Qu'elles chantent moins haut, par pitié.

 

The Bee Gees – Night Fever (Saturday Night Fever, 1997)

Bizarre qu'une chanson si molle vise ait pu provoquer la fièvre du Samedi soir. Dans le registre des frères aigus, j'aurais plutôt élu "Tragedy" (superbe et kitschissime version karaoke ci –dessous)…

 

 



Morrissey – Everyday is like Sunday (Viva Hate, 1988)

Morrissey-Viva-Hate.jpgCelui-là, on l'attend  impatiemment. Et  il arrive parfois plein de pluie ou chargé du mal de crâne alcoolisé de la veille. Alors, dans ces moments là, mieux vaut se carrer sous la couette et écouter Morrissey, le plus dandy des losers éternels.

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème communauté : Le Monde du Rock
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