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Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Vendredi 23 mars 2007

Note album : 9,5/10

 

Entre l'impatience et la crainte, mon coeur balance. "Neon Bible" est un disque que j'aimerais pouvoir chroniquer dans un an seulement, le temps d'apprécier pleinement toute sa complexité. Malheureusement, le temps presse, surtout pour un disque si attendu. Un disque que j'attendais également, mais avec une joie teintée d'angoisse. Un frisson dans la plume, j'imaginais déjà le pire. Et si je n'aimais pas "Neon Bible" ? Déjà mythiques après leur premier album, l'éblouissant "Funeral", The Arcade Fire appartient d'ores et déjà à la guilde enviée des artistes intouchables, celle dont le talent aussi rare qu'unique interdit toute critique

Oh, bien sûr, avant cette 2è production, quelques voix pessimistes s'étaient élevées, isolées dans un marasme fébrile et enthousiaste. "Neon Bible" ne serait jamais aussi surprenant que  "Funeral". Le petit orchestre montréalais allait perdre sa naïveté et son innocence au profit d'un sérieux né d'une kyrielle d'éloges trop kilométrique pour ne pas coller la grosse tête.

Etrangement, sans que cela entache le moins du monde l'extrême qualité de ce deuxième album, ces reproches sont plutôt justifiés.

D'une façon ridiculement évidente, "Neon Bible" ne peut pas bénéficier de l'exquis effet de surprise qui profita à "Funeral". Chronologie oblige. The Arcade Fire se trouve à présent face au défi malaisé de la confirmation. Bien que soutenus par une presse acquise à leur cause brillamment unique, les 7 montréalais ne sont pas encore tout à fait à l'abri d'un retour de bâton cinglant venu d'une opinion publique extrêmement versatile.

"Neon Bible" ne contient aucun titre d'une fraîcheur enjouée comparable à celle de "Rebellion (lies)". D'ailleurs, tout est dit dans le titre de ce disque. On imagine très bien les membres d'Arcade Fire totalement reclus dans leur église reconvertie en studio, en proie au silence quasi religieux précédant toutes les grandes œuvres. On imagine ensuite la genèse mystique des premiers morceaux, mue par une réflexion finalement bien peu rock'n'roll, dans le sens le plus basique du terme. On imagine l'émerveillement enfantin du groupe devant l'acoustique exceptionnelle des vieilles pierres saintes, son désir forcené de singularité, ses réflexions torturées.

Enfin, le résultat de cette démarche complexe se retrouve sur les platines du monde entier. "Black mirror" et ses violons explosent avec une profondeur vibrante, dans un final aux chœurs faussement naïfs. Puis "Keep the car running" prend le relais pour une mélopée parfaitement intemporelle, évocatrice de paysages automnaux grandioses, éclairés par une lumière dorée chatoyante. Plus minimaliste, la chanson titre apporte une pause bien méritée avant l'éblouissant "Intervention". Mu par un orgue à la limite de la grandiloquence, ce titre d'une intensité poignante s'offre même un xylophone pour 4 minutes aux paroles sombres ("Looking for a church when your family dies, you take what they give you and keep it inside") contrastant avec une atmosphère au romantisme flamboyant, digne du final d'"Autant en emporte le vent". L'intensité est à son comble quand débute "Black wave – bad vibrations", où l'on entend enfin la voix magnifique de Régine Chassagne, peut-être un peu délaissée vocalement dans cet album au profit de son Win Butler de mari. Ce dernier parachève ensuite un chef d'œuvre d'intensité durant "Ocean of noise", dont le piano aérien précède admirablement la chaleur des cuivres ultimes. Le disque prend ensuite une orientation plus new-wave avec "The well and the lighthouse" et "No cars go", déjà présent sur le premier EP du groupe et orchestralement magnifié ici. Accordéons, xylophones, les instruments les plus inhabituels se succèdent sans le moins faux pas, jusqu'à l'immense et soul "My body is a cage". L'orgue se tait. Et l'on reste béat d'admiration, un frisson résiduel sur l'échine. Car il n'est pas d'exercice plus périlleux que le lyrisme. Les inclassables de The Arcade Fire peuvent se targuer d'être de sacrés funambules.

 

Classe : "Black mirror", "Intervention", "My body is a cage", "No cars go"

Crasse : "Antichrist television blues"


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par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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Mercredi 21 mars 2007

Note album : 8/10

 

Qu'importe le fond, pourvu qu'il y ait la forme. Impeccablement calés dans les standards du rock actuel, bien des groupes pudiquement qualifiés de "moyens" remportent l'adhésion populaire grâce à leurs mèches frontales et quelques riffs bien tronçonnés. Ce n'est malheureusement pas le cas des Datsuns, dont le look académique cache pourtant une créativité et une fougue remarquables. A se demander à quoi pense parfois ce salaud de succès.

 

Certes, The Datsuns ne sont qu'un groupe en "The" de plus. Ils ne marqueront sans doute pas l'histoire du rock du sceau indélébile de leurs 6 cordes. Pas facile non plus de leur attribuer une bourde tonitruante à la Pete Doherty , une déclaration débile et fracassante à la Liam Gallagher , une provocation scénique à la Howlin' Pelle Almqvist. Leurs singles n'accompagnent pas les nouvelles pubs EDF ou Renault. Bref, rien de bien croustillant à se caler sous la plume, si ce n'est leur nationalité passablement exotique. On connaît mieux la Nouvelle-Zélande pour ses moutons et ses aborigènes. Mais digresser là-dessus n'a franchement rien de passionnant. Les Datsuns déboulent d'une belle île antipodique et paumée, où il ne se passe pas grand-chose question rock. Ils doivent se sentir un peu seuls. Point barre.

 

Alors, quand le contexte extérieur ne se prête pas au racolage rédactionnel – un des grands plaisirs du chroniqueur lambda – il reste toujours la musique. Tout bêtement. "Smoke & Mirrors", le troisième opus du quartet austral, se révèle à la fois fugace et entraînant. Amorcé par d'excellents brûlots garage ("Why are you stamping your foot for?", "System overload") relevés d'un orgue flamboyant, cet album prend ensuite une tournure plutôt inattendue avec la ballade "Waiting for your time to come". Guitare planante, mélodie aérienne, chœurs vibrants, ce morceau constitue un de ces trop rares moments de grâce absolue, que l'on ne peut qu'apprécier dans sa brièveté. Par miracle, l'enchantement se poursuit sur le plus country "Stuck here for days", à la fois rageur et harmonieux. Le reste de l'album, toujours efficace mais moins captivant, mêle habilement le bon vieux hard rock à la Led Zeppelin à de surprenants chœurs gospel ("Maximum heartbreak", "All aboard") ou se lance dans des chevauchées d'une grandiloquence enthousiaste, notamment avec "Too little fire", qui conclut sur une ultime note positive, à peine ternie par des titres plus fades, comme les banals "Blood red" et "Emperor's new clothes".

 

Avec leur premier album sorti en 2002, les Datsuns ont été parmi les premiers à s'engouffrer dans la brèche garage ouverte par les Strokes. Si ces derniers ont mûri au fil d'airs plus sombres et apaisés, les 4 néo-zélandais ne se sont pas départis de leur état déchaîné initial, tout en apportant à leur style quelques touches novatrices bienvenues. Un tour de force bien trop mésestimé.

 

Classe : "Waiting for your time to come", "Stuck here for days"

 

Crasse : "Emperor's new clothes"

 

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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Lundi 19 mars 2007

Note album : 8,5/10

 

Je l'avoue, je n'ai rien trouvé de plus original. Comme les White Stripes, les Kills sont un duo mixte. Comme les White Stripes, les Kills ne supportent pas la moindre intrusion dans leur univers décalé. Comme les White Stripes, les Kills privilégient un son résolument lo-fi, perdu quelque part entre blues rocailleux et rock garage plus moderne. Comme les White Stripes, les Kills livrent d'excellents albums. Seule nuance de taille : chez les Kills, c'est madame qui chante.

Toutes ces troublantes coïncidences n'empêchent pas la paire anglo-américaine de se démarquer allègrement de ses glorieux aînés grâce à son premier album, "Keep on your mean side". Avec leurs fausses allures de Bonnie & Clyde et leurs regards névrosés, le guitariste Hotel et la chanteuse VV regorgent d'un charisme dangereusement séduisant, éprouvé au fil de 11 titres d'une constante intensité rageuse. Ici, les fioritures sont délaissées au profit d'une recette basique incroyablement efficace.  Une guitare crade calée sur une batterie binaire, et vogue la galère. Un chant à la fois rauque et désillusionné vient rehausser cette instrumentation simple pour des brûlots étrangement similaires mais toujours diablement enragés, tels les déchaînés "Fuck the people" et "Fried my little brain".  Dans la même veine, "Superstition" et "Cat claw" méritent également une écoute attentive pour leurs refrains assassins doublés de riffs tranchants. Plus calme, la fin de disque révèle des ballades sombres ("Monkey 23", "Gipsy death and you") d'une sensibilité nerveuse et mélancolique. Largement de quoi dérouter ceux pour qui émotion rime avec sophistication.

Une chronique est bien souvent le reflet du disque traité. Avec les Kills, pas de chichis. Pourquoi aligner paragraphes sur paragraphes pour décrire un disque bref, noir et absolument jubilatoire ?

 

Classe : "Cat claw", "Fuck the people"

Crasse : "Hitched"

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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Jeudi 15 mars 2007

Note album : 8/10

 

Il fait mal vivre dans cette cité lugubre. Les maisons de briques noircies se succèdent inexorablement, les cheminées d'usines agonisantes crachent une fumée malsaine. Dans une rue en pente, sous le crachin, 5 types avancent presque à reculons. Il y a un blondinet poupin, un beau gosse un peu pale, un taiseux caché sous un bonnet, un bouclé rigolard et un mec bizarre coiffé d'un drôle de chapeau. Ce sont les plus grands losers de Leeds. A eux tous, ils cumulent les journées de chômage et les jobs miteux à une vitesse effarante. Pour meubler leurs morne temps libre, ils ont monté un combo garage, Parva. Et tout le monde se marre. Car Parva n'est ni plus ni moins que le plus mauvais groupe de la ville. Un mauvais groupe qui s'est fait virer comme un malpropre par un petit label l'avant-veille d'une convoitée signature, en prime.

Le temps passe et rien ne change. Enfin, par une belle journée où le soleil perce péniblement entre deux averses, notre fine équipe se réunit dans un pub. Leurs illusions enterrées sous des kilos de trahisons et de moqueries, ils se lancent dans une opération un peu folle, dite de la dernière chance. Ils ne monteront pas un spectacle de strip-tease, d'autres l'ont fait en film avant eux. Par une dérision désespérée plus ou moins volontaire, ils décident de rendre hommage à celui qui est tout ce qu'ils sont et tout ce qu'ils ne sont pas. Le Damon Albarn des 90's est issu des classes moyennes, et juge cyniquement la décadente société britannique. Mais il a toutes les filles à ses pieds et vend des disques par pelletées. Une bière en main, nos 5 larrons jurent allégeance à la britpop de Blur. Ils remisent Parva au placard, adoptent le nom footballistique de Kaiser Chiefs, se lancent dans des prestations scéniques déchaînées. Le nostalgique producteur de Blur, Stephen Street, leur propose alors d'enregistrer un premier album. Le potache Employment se vendra à plus d'un million d'exemplaires à travers le Royaume-Uni.

Après un tel hold-up, la perplexité était de mise au sein de la presse et du public. Qu'attendre vraiment des Kaiser Chiefs pour ce 2è album ? Pour ma part, un peu comme le fan lambda d'AC/DC, je voulais que rien ne change. Je voulais un faux jumeau d' Employment, un truc aussi génial que crétin, parsemé de "nanananana" et autres gimmicks délicieusement stupides, un truc qui me fasse hululer à tue-tête et oublier mon quotidien cartésien au son d'un synthé tout droit sorti de Super Mario Bros. Avec une telle formation aux manettes, je me tapais prodigieusement de la novation, de la sophistication instrumentale et d'autres machins compliqués réservés à des groupes plus doués sur ces terrains glissants.

C'est dire si j'ai reçu un choc (comme on dit par chez moi) à la première écoute de "Yours truly, angry mob", pourtant lui aussi produit par Stephen Street. Seul "Ruby", le premier single, se situe dans la veine espérée, avec son refrain proche de celui d'"Oh my God". Autrement, bien peu de "Gnia gnia gnia" et "Wa-waouh" à me caler au fond de la glotte. De toute évidence, les Kaiser Chiefs ont décidé de durcir le ton. Sans doute en ont-ils marre de passer pour les cancres de service, calés au fond, près du radiateur. Ces cancres qui amusent tout le monde avec leurs bonnes vannes, mais qui demeurent méprisés de tous pour leur soi-disant absence de sérieux. Aujourd'hui, le groupe veut s'affirmer, boxer dans la cour des grands et même, oh my God, "remplir des stades à la façon de U2".

Le résultat de cette maturité nouvelle aurait heureusement pu être bien pire. Certes, les chœurs ludiques ont disparu, mais les arrangements plus fouillés les remplaçant n'ont pas entaché l'enthousiasme et la fraîcheur du groupe ("Heat dies down","Thank you very much"). Si quelques ratés, notamment durant le très justement intitulé "Everything is average nowadays" et son refrain lycéen idiot, viennent un peu ternir l'ensemble du disque, les Kaiser Chiefs redressent toujours brillamment la barre grâce à quelques perles britpop, comme la ballade sucrée "Love is not a competition (but I'm winning)". Malgré sa prise de sérieux, le quintet nous gratifie également de quelques plaisantes facéties avec "Try your best", qui réconcilie les fans de Blur et Oasis pour 3'30, ou encore le plus garage "Retirement". Mais les Kaiser Chiefs assoient essentiellement leur crédibilité sur des textes brillants, tels  un "I can do it without you" et sa fin de relation ambiguë ou encore "The angry mob", au final grégaire représentant une masse intoxiquée par les médias bas de gamme. Car sous ses dehors turbulents, Ricky Wilson peut se targuer d'écrire juste et bien. Pas mal pour un leader supposé sans âme et sans talent.

 

Classe : "Retirement", "Try your best"

Crasse : "Everything is average nowadays"

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Mercredi 28 février 2007

Note album : 8,5/10

Ceux là, personne ou presque ne peut les blairer. Leur chanteur chante comme une scie sauteuse, leurs titres s'apparentent à du Talking Heads – Radiohead – Velvet Underground (toutes mentions utiles) bas de gamme, et en plus, ces sales snobinards ont été consacrés sur internet. Ne parlons même pas de leur nom - à - rallonge - à-la-noix-garant-d'une-touche-arty. Il n'empêche, malgré toutes leurs imperfections, les Clap Your Hands Say Yeah possèdent un sens indéniable de la mélodie. Mieux, ils possèdent le pouvoir magique d'insuffler une émotion vibrante à chacune de leurs chansons.

Soyons clairs : "Some loud thunder" ne fera sûrement pas changer d'avis les détracteurs les plus acharnés du quintet new-yorkais. J'ai bien failli rejoindre cette majorité d'ailleurs, tant la première écoute de ce très attendu 2è opus s'est avérée pénible. Ah, quelle bouse, ai-je même pensé, toute à ma déception. Le son saturé de la chanson titre me paraissait outrageusement et prétentieusement saccagé, la batterie militaire de "Goodbye mother and the cove" me semblait d'une grandiloquence grotesque, "Arm and hammer" et sa guitare volontairement laborieuse m'ennuyaient prodigieusement. J'avais le sentiment confus d'assister à un sabotage trendy au nom d'une liberté artistique autorisant toutes les formes d'expression, même les plus laides.

J'ai alors soigneusement rangé le CD dans son boîtier, et, comme le dit si bien Albin, j'ai pris la télécommande rangée sous la table du salon.

Quelques jours plus tard, les oreilles vides et le cœur un peu lourd, je me suis réattaquée à la chose, qui traînait sous la table du salon, bien en évidence à côté de la télécommande. Le son saturé de la chanson titre me paraissait toujours outrageusement et prétentieusement saturé, la batterie militaire de "Goodbye mother and the cove" me semblait encore d'une grandiloquence grotesque, seuls "Arm and hammer" et sa guitare volontairement laborieuse m'ennuyaient peut-être un peu moins, mais m'ennuyaient toujours.

J'ai toutefois appris au fil des écoutes à aimer ces titres, comme on apprend quotidiennement à aimer son petit frère de 15 ans plein d'acné et de revendications stupides. Car, sous un vernis ingrat et rédhibitoire, "Some loud thunder" fourmille d'idées erratiques, désordonnées, pourtant presque toujours brillamment assemblées. La rassurante consistance du premier opus éponyme semble ici bien loin, surtout pendant un titre comme "Emily Jean Stock", où une nappe de clavier digne d'Arcade Fire rencontre la batterie de Meg White.  "Love song no. 7" et son piano évoquant immanquablement John Lennon frappe par sa beauté solennelle, tout comme "Mama, won't you keep them castles in the air and burning ?" et ses violons tourbillonnants. Cette richesse instrumentale nouvelle n'empêche pas le groupe de toujours éprouver avec succès la recette électrique de ses débuts gagnants avec le poignant Yankee go home ou "Satan said dance", une version plus électronique de "The skin of my yellow country teeth". Seul le 11è et dernier titre, "Five Easy Pieces", ne convainc pas vraiment, avec ses bêlements hideux tout droits sortis d'une pub pour l'office de tourisme irlandais. Que voulez-vous, il fallait bien laisser une plage libératrice au leader Alec Ousworth. C'est peu en comparaison des 40 minutes restantes, qui réussissent à innover sans détruire.

J'ai encore écouté ce disque hier soir. La chanson titre m'a parue joyeusement floue, "Goodbye to mother and the cove" m'a charmée par son intensité allant crescendo et "Arm to hammer" semblait plus que jamais hanté d'une grâce paranoïaque.

 

Classe : "Yankee go home"

Crasse : "Five easy pieces"

 

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par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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